[Cet article est le deuxième d’une série de trois articles qui s’adressent aux personnes qui aspirent à un meilleur salaire mais ne savent pas forcément par où commencer.] 

Nous l’évoquions dans l’article introductif de cette série, travailler notre mindset et notre technique de négociation augmente nos chances d’obtenir le salaire que nous voulons.

Dans cette deuxième partie, nous parlerons de l’avant négociation : comment préparer sa négociation salariale d’une manière positive et confiante.  

Une question importante à se poser : Est-ce que je me crois capable d’atteindre un plus haut niveau de revenus ? Si non, pourquoi ? Et si oui, que dois-je changer ou faire différemment ?   

Cette phrase de Ramit Sethi nous rappelle ceci : 

“Il y a une limite au montant que nous sommes capables d’économiser, mais il n’y a aucune limite au montant que nous sommes capables de gagner.” 

 

Nous ne rentrerons pas dans le débat de cette absence ce limite dans cet article.

Notre objectif ici est de gagner en confiance et apprendre à percevoir la négociation salariale d’une manière plus positive.

Nous avons donc besoin de connaître notre valeur. Pour cela, changer la manière dont nous nous percevons et dont nous percevons la valeur de notre travail nous permettra de demander avec un peu plus de confiance un plus haut niveau de salaire.

Mais alors, comment préparer son mindset à la négociation salariale ?  

 

1. J’ai besoin de connaître ma valeur en entreprise 

Il est assez difficile de vendre une chose dont on ne connait pas la valeur.   Avec un peu de chance on tombe sur le bon prix, avec moins de chance on le vend trop cher et personne ne l’achète et le pire, on le brade et on le regrette par la suite.  

Pour connaître notre valeur en entreprise, c’est la même chose, nous avons besoin d’étudier notre marché et ses prix.

Nous parlons ici de valeur en entreprise et non en général.

Comme j’aime le rappeler, notre valeur va bien au-delà du travail que nous faisons.  

Voici quelques questions à se poser :  

  • Combien gagne une personne qui fait le même travail que moi à diplôme et expérience plutôt équivalente. Vous pouvez utiliser le site glassdoor pour vous faire une idée. Vous pouvez également essayer d’interroger des personnes ayant un emploi similaire au vôtre.  
  • Ensuite, quelles sont les expériences et qualités dont je dispose qui sont recherchées sur le marché ? 
  • Quelle valeur suis-je capable de créer pour mon entreprise de manière à être un atout pour elle ?  

 

2. Je dois apprendre à parler argent un peu plus aisément  

Parler salaire, au final, c’est parler d’argent, et ça, tout le monde n’est pas à l’aise avec.

Certains ne le sont même pas du tout.  

Le problème c’est qu’il est difficile de négocier son salaire lorsque nous sommes gênés ou honteux de parler d’argent.  

Pour parler d’argent un peu plus aisément, une des solutions c’est de penser au style de vie et aux choses que nous aimerions accomplir avec cet argent en plus plutôt que de penser à l’argent en lui-même.

Par exemple : si je gagnais plus, je partirais plus souvent en vacances avec ma famille.  Combien me coûterait exactement cette dépense en plus ? 

Démarrez la négociation avec un chiffre en tête qui correspond à une expérience positive que vous aimeriez vivre. Bien entendu, cette pensée est personnel et ne pourra servir d’argument de négociation.

3. J’ai besoin de me convaincre personnellement que je mérite cette augmentation ou ce niveau de salaire 

Si vous êtes déjà en poste : il s’agit de réaliser votre travail de la meilleure manière que vous pouvez, c’est-à-dire au-dessus du minimum afin de prétendre à gagner plus que le minimum. Vous gagnerez ainsi en confiance et pourrez demander plus lorsque vous serez convaincu que vous apportez beaucoup et au-delà de ce pour quoi vous êtes déjà payés.  

Si vous n’êtes pas encore en poste : vous devrez vous motiver par rapport à ce que vous avez pu accomplir dans une précédente mission ou entreprise qui fait de vous un haut potentiel.

 

4. Je dois arrêter de penser que mon employeur est plus à même de déterminer ma valeur sur le marché et mon niveau de salaire 

C’est vrai qu’en général les employeurs ont une grille de salaire. Mais ici, il s’agit de parvenir à prouver à l’employeur que vous méritez la fourchette haute dans sa grille.

Mais pour cela, il faudra aider votre employeur à reconnaître votre valeur.

Nous verrons cela dans la partie 3 sur la négociation pure : comment démontrer sa valeur.  

Mais ici, d’un point de vue mindset, il s’agit de ne pas laisser la détermination de son salaire totalement à la merci de l’employeur mais de lui permettre de reconnaître facilement votre valeur. Les employeurs aiment savoir que vous êtes un atout pour leur entreprise. Aidez-les à s’en rendre compte.

 

5. Je dois accepter l’éventualité que l’on me dise non mais je dois tout de même tenter 

L’employeur peut dire non, et c’est son droit. Il faut l’accepter.

Mais cela ne nous empêche en rien de tenter la négociation salariale.  

A partir du moment où celle-ci est bien menée et de manière positive il n’y a aucune raison de craindre un refus.  

6. Mon employeur n’est pas mon ennemi

Le bon mindset en négociation salariale c’est d’avoir une vision gagnant gagnant : j’apporte / je prends. Je donne / je reçois. L’idée n’est pas de menacer son employeur (de démisionner, d’aller à la concurrence…) pour arriver à ses fins.

Toutefois, une relation où votre employeur ne cesse de prendre de votre énergie et de vos talents sans rien vous rendre en retour (bonus, primes, augmentation, avantages…) vous défavorise grandement et serait une bonne raison d’y mettre fin de la bonne manière.

Ce serait dommage de laisser une mauvaise réputation dans l’entreprise pour ses références.   

7. Je considère ma négociation comme un projet que je prépare à l’avance pour mieux la réussir

Enfin, pour finir, la négociation salariale en entretien de recrutement ou lors des évaluations annuelles doit être préparée en amont en mode projet afin d’avoir les bons arguments et les bonnes réponses au bon moment. Plus de préparation, c’est moins de surprises. C’est aussi une des meilleure manière de gagner en confiance: énoncer clairement, de manière concise et avec des arguments de poids.

Dans le prochain et dernier article de cette série, nous étudierons comment concrètement mieux négocier son salaire. Quoi dire, que faire et surtout quelles erreurs courantes éviter.

 

En résumé, 

Pour préparer sa négociation de manière positive et confiante :  

  1. J’ai besoin de connaître ma valeur en entreprise
  2. Je dois apprendre à parler argent un peu plus aisément
  3. J’ai besoin de me convaincre personnellement que je mérite cette augmentation ou ce niveau de salaire
  4. Je dois arrêter de penser que mon employeur est plus à même de déterminer ma valeur sur le marché et mon niveau de salaire
  5. Je dois accepter l’éventualité que l’on me dise non mais je dois tout de même tenter
  6. Mon employeur n’est pas mon ennemi
  7. Je considère ma négociation comme un projet que je prépare à l’avance pour mieux la réussir

Tous les articles de la série :

Article 1 – Comment négocier et obtenir le salaire qu’on veut ? Partie 1 – Introduction

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