Ça y est, le moment est enfin venu de passer aux choses sérieuses.

Dans la partie 1 : introduction, nous apprenions que le mindset et la technique sont les deux principaux axes sur lesquels nous devions travailler pour mieux négocier notre salaire.

Ainsi, dans la partie 2, nous en avons appris plus sur l’importance d’avoir le bon mindset en déconstruisant toutes les mauvaises raisons pour lesquelles nous ne parvenons pas à négocier et en les remplaçant par un esprit plus positif pour parler d’argent et d’augmentation plus aisément.

Dans cette troisième et dernière partie, nous allons apprendre à négocier notre salaire de manière concrète.

Cet article est long !

1. Négocier son salaire d’entrée

Que ce soit pour négocier son salaire d’entrée ou pour demander une augmentation de salaire lorsqu’on est déjà en poste, le nouveau salaire est très souvent basé sur le précédent salaire.  

Plus on commence bas, plus difficile ce sera de remonter son salaire. D’où l’importance de bien négocier son salaire d’entrée dans l’idéal dès le départ.  

 

A quel moment du processus parler de salaire ?  

Lors du processus de recrutement, il vaut mieux ne pas être le premier à évoquer le sujet du salaire.  

Si toutefois, le recruteur oublie, ce qui n’arrive en principe jamais, sauf peut-être lorsqu’il y a plusieurs entretiens et que le sujet sera évoqué au prochain, vous pouvez évoquer le sujet en demandant par exemple « à quel moment du processus souhaiteriez-vous évoquer le sujet de la rémunération ? ». 

En général, le recruteur vous posera cette question vers la fin de votre premier entretien : « quelles sont vos prétentions salariales ? », il peut aussi vous le tourner autrement en vous demandant votre salaire actuel.  

Sachez que vous n’avez aucune obligation de fournir à votre recruteur votre salaire actuel. D’autant plus que s’il est très bas, il vaut mieux garder du mieux que vous pouvez cette information pour vous.  

Plutôt que de mentir, vous pouvez par exemple indiquer à votre recruteur que vous préférerez ne pas évoquer le sujet de la rémunération avant la fin du process. En fin de process, au lieu d’évoquer votre salaire actuel, vous pourrez donner à la place vos prétentions salariales.  

Ainsi, votre salaire actuel ne devient plus la base de calcul du salaire que ce recruteur vous proposera.  

Mettre toutes les chances de son côté

Les grilles de salaires sont souvent basées sur des critères tels que les diplômes et l’expérience.  Ces deux critères sont assez figés et la marge de manœuvre peut être plus ou moins grande selon les entreprises.  

Malgré les grilles et malgré les règles parfois figées des entreprises, sachez qu’il est toujours possible de négocier et obtenir le meilleur salaire possible. Dites-vous qu’il y a toujours une fourchette invisible, ayez pour objectif d’obtenir le meilleur salaire au vu de votre profil, de vos compétences et de vos qualités.   

Il s’agira pour ce faire, de mettre toutes les chances de votre côté afin d’obtenir le meilleur salaire possible.  

Comment obtenir le meilleur salaire possible ?  

Le salaire rémunère un travail donné. Votre employeur met une certaine valeur sur le travail que vous réalisez, en fonction de cette valeur il déterminera le salaire associé.  

Ainsi plus votre employeur reconnait la valeur que vous êtes capable de créer pour lui, plus vous aurez de chances d’obtenir ce que vous demandez.  

Alors prouvez du mieux que vous pouvez votre valeur. Démontrez que vous êtes une personne compétente, fiable, expérimentée avec qui on a envie de travailler. Démontrez que vous êtes la meilleure personne pour réaliser le travail demandé. Plus vous collez au profil recherché, plus le recruteur mettra de la valeur sur vous.  

Autre chose : si vous avez actuellement le statut d’employé, vous êtes un peu plus limités en termes d’évolution salariale qu’un cadre, passer cadre vous permettra quasiment automatiquement d’augmenter vos chances d’obtenir un meilleur salaire. S’il ne vous est pas possible de passer cadre, vous pouvez négocier des avantages supplémentaires (remboursement à 100% de frais de transports ou de téléphone, voiture/scooter de fonction, jours de congés supplémentaires, tickets restaurants etc.). 

 

Les erreurs à ne pas commettre  

Voici quelques erreurs courantes à ne pas commettre: 

  • Parler trop tôt de salaire, avant même que le recruteur évoque ce point 
  • Donner votre salaire actuel alors qu’il est bas, cela limite vos chances de négocier un super salaire 
  • Manquer de démontrer votre valeur par rapport au salaire demandé 
  • Manquer de vous renseigner sur les salaires et primes possibles à ce poste avant d’annoncer vos prétentions salariales en entretien 
  • Mentir sur son salaire actuel, même si le recruteur ne peut pas vous obliger à en fournir la preuve, c’est toujours une mauvaise idée de démarrer une relation même professionnelle sur un mensonge.  
  • Avoir une seule offre sous la main et aucun plan B. Passez plusieurs entretiens et avoir au moins 2 offres sous la main vous donnera confiance en vous pour mieux négocier. 

 

2. Demander une augmentation salariale    

Lorsque vous êtes déjà en poste, vous avez la possibilité de demander une augmentation salariale pour plusieurs raisons :

– Vous êtes sous-payés: vous travaillez bien, vous créez de la valeur pour l’entreprise mais votre salaire ne suit pas ou est en deçà de celui proposé par le marché 

-Votre salaire n’a pas évolué depuis des années que vous êtes dans cette même entreprise 

Vous surperformez, vous atteignez tous vos objectifs et même les surpassez et pourtant votre salaire n’a pas été augmenté en conséquence 

 Dans ces cas, il est temps de demander un ajustement de salaire.     

 

Quand demander une augmentation ?

En général, cette demande peut se faire dès que vous faites le constat que vous êtes sous-payés ou que vous surperformez :  

  • Soit en cours ou mi-année à la suite par exemple d’un projet réussi, à un moment où l’employeur aura un peu plus de mal à vous dire non ;
  • A la fin de l’année pendant les entretiens d’évaluation annuelle, l’employeur s’y attend mais c’est aussi le moment où la majorité des salariés font leur demande, ce qui pourrait réduire le montant que vous pourrez recevoir.  

Dans tous les cas, vous êtes la personne la mieux placée pour sentir le moment adéquat pour faire votre demande. Si vous avez un allié dans l’entreprise, vous pouvez également vous renseigner auprès de lui.  

Si vous venez de commettre une faute ou avez perdu un contrat important pour l’entreprise, ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour évoquer ce sujet.  

Comment préparer sa demande en amont ?

Une fois que vous avez pris la décision de faire votre demande, il est nécessaire de vous préparer en amont de votre demande pour mettre toutes les chances de votre côté.  

Concrètement, voici quelques pistes :  

  • Calculez et connaissez parfaitement votre salaire brut annuel actuel, vos primes et tous vos avantages pour savoir d’où vous partez exactement 
  • Recherchez et calculez le salaire que vous pensez mériter. Faites attention à ni dénigrer votre valeur ni la surestimer. Il vaut mieux demander trop que pas assez mais tout en restant crédible. 
  • Vous pouvez également passer des entretiens ailleurs pour récolter une ou deux offres qui vous serviront de base de comparaison 
  • Assurez-vous de vous montrer sous votre meilleur jour plusieurs semaines avant de faire votre demande : avancez rapidement sur votre travail et proposez de réaliser du travail supplémentaire, rendez votre travail à l’heure, aidez vos collègues ou votre supérieur, venez à l’heure, participez à des projets internes qui vous rendent visibles, souriez et soyez volontaires.  
  • Trouvez des alliés au sein de l’entreprise, des personnes capables d’appuyer votre demande ou de dire du bien de vous aux décideurs
  • Préparez un dossier avec des chiffres et des preuves de ce que vous avancerez. Si vous êtes sous-payé, soyez capables de donner les salaires du marché de manière neutre. 
  • Notez toutes vos belles réalisations: un contrat important gagné, des retours clients positifs, une augmentation du chiffre d’affaires de l’entreprise, une baisse des coûts ou encore un projet mené à bien. Il est plus facile de convaincre un employeur avec des données factuelles et chiffrées.  

Comment formuler la demande ?   

La règle d’or c’est d’apporter ses arguments de manière positive. Menacer son employeur de démission est par exemple une très mauvaise technique surtout si en réalité vous souhaitez rester.

Vous pouvez par exemple engager la discussion comme ceci:  “Cela va faire bientôt 2 ans que j’ai rejoint l’entreprise et j’apprécie de travailler pour vous et de contribuer au succès des projets internes. Je suis notamment parvenu à signer ce gros contrat avec l’entreprise X, ce qui a généré un chiffre d’affaires de X cette année.” 

Vous pouvez ensuite poursuivre en indiquant: “Il m’est toutefois apparu que mon salaire aujourd’hui a peu évolué sur ces 2 ans, il se trouve qu’il est en deça du prix du marché.”  

 

Que faire si l’on vous dit non ?

Qu’on se le dise, votre entreprise n’est pas dans l’obligation de vous donner le salaire ou l’augmentation que vous demandez. S’il se fait qu’on refuse votre demande en vous prouvant factuellement pourquoi vous ne méritez pas encore ce salaire, faites preuve de maturité et reconnaissez les faits. Corrigez-les et revenez faire votre demande plus tard.  

Quoi demander si vous ne pouvez pas obtenir un meilleur salaire  

  • Des avantages en nature: voiture/scooter de fonction. Vous pouvez par exemple le justifier si vous avez de nombreux trajets professionnels, que vous habitez loin de votre lieu de travail, si cela vous ferait gagner en temps et en efficacité. 
  • Desjours de congés supplémentaires  
  • Des horaires aménagés: commencer/finir plus tard ou plus tôt 
  • Du télé travailun ou plusieurs jours par semaine 
  • Prise en charge à 100% de vos frais de transportsau lieu de 50% 
  • Prise en charge de vos frais téléphoniques ou ouverture d’une ligne professionnelle avec téléphone 

 

En cas de refus de votre employeur de vous augmenter ou de vous faire bénéficier de nouveaux avantages, vous avez le choix :  

En entretien d’embauche:   

Option 1 : refuser la proposition si vous en avez une autre plus intéressante (d’où l’importance de toujours avoir plusieurs process de recrutement en cours en parallèle)   

Option 2:  l’accepter si le poste vous intéresse tout en espérant renégocier ultérieurement. 

En entretien salarial

Option 1 : Vous pouvez accepter ce refus si vous aimez votre poste ou si vous considérez la décision comme étant justifiée. Dans ce cas vous pouvez noter les points de votre recruteur et travailler pour améliorer ce qu’il vous reproche.   

Option 2: Vous pouvez également démarrer un process de recrutement ailleurs afin de quitter votre entreprise pour mieux, en termes de salaire. Cette offre peut également vous servir à prouver votre valeur sur le marché et ainsi demander un alignement sur votre offre.   

N’oubliez pas, restez souriants et positifs en toutes circonstances.

 

Pin It on Pinterest